Marco Leonetti et Roy Menarini, Fellini, la scrittura, gli scrittori
«1895 Revue d'histoire du cinéma»
Le Musée Fellini, en collaboration avec l’Université de Bologne, a publié ce tome à l’occasion d’un colloque tenu à Rimini en avril 2026. Dix-sept historiens refléchissent sur les rapports entre Federico Fellini – journaliste et scénariste prolifique lui-même avant de devenir réalisateur – et les nombreux écrivains qu’il a rencontrés, adaptés, «dérobés», pendant sa carrière. Du grand humoriste Marcello Marchesi, aux célèbres romanciers
Dino Buzzati et Mario Tobino pour deux projets inaboutis, jusqu’à sa rencontre finale avec l’Émilien Ermanno Cavazzoni pour le scénario de la Voix de la lune.
Ce dernier témoigne: «Je souhaite raconter ce qui se cachait derrière tant de scènes, cette masse de conversations, d’histoires, de lectures, de livres, d’épisodes qui ont généré ceux du film, la partie immergée qui, généralement, s’envole, se dissout dans l’eau et se perd. Et je souhaite aussi raconter ces choses que nous avons imaginées ensemble et que nous avons ensuite exclues du film. Alors, au cours de nos conversations, souvent dans l’immense hall de l’hôtel Plaza, qui, comme le disait Fellini, ressemble à la gare de Milan, ou sur la banquette arrière de la voiture, ou au Caffè Rosati, Piazza del Popolo, ou chez lui, ou encore dans les villages de la plaine entre Parme et Reggio, je prenais des notes. C’est Fellini qui me l’avait demandé, car il disait que certaines images qui lui venaient alors s’envolaient comme des ballons – ses propres mots. Peut-être parce que c’était la première fois qu’il avait soixante-dix ans, il me l’a dit, et je l’ai noté ». De Franz Kafka à Milan Kundera, en passant par Petronio Arbitro, Giacomo Casanova, Bernardino Zapponi, Georges Simenon, Tullio Pinelli ou Daniel Pennac, l’univers fellinien s’est nourri d’une foule de «scribes».
Leonetti et Menarini affirment dans l’introduction : «Il ne s’agit pas simplement du fait que Fellini lisait des livres, fréquentait les cercles de l’édition, rencontrait des écrivains ou s’inspirait d’œuvres particulières : c’est typique de la biographie de nombreux réalisateurs. Dans son cas, cependant, le rapport à l’écriture est plus profond et plus étendu : il concerne sa formation, sa méthode créative, son imagination, la manière même de concevoir l’histoire. L’écriture, même sous ses formes les plus mobiles et hybrides, est une présence constante, un fil conducteur qui accompagne son œuvre du début à la fin et constitue une composante essentielle de son atelier artistique».

